La pratique enseignante se professionnalise et pour ce faire elle se questionne. La rétroaction s’accompagne d’une volonté de s’ajuster aux nombreux défis qui se trouvent sur sa route. Ce blogue se penche sur l’un des volets des plus stimulants de cette constante adaptation, c’est-à-dire l’usage des TIC en enseignement.
Réflexions technopédagogiques
Ce court texte se veut une réflexion sur l’utilisation des TIC
en enseignement d’un point de vue
praticopratique. Le but est de proposer des pistes d’actions qui faciliteront l’implantation des
TIC dans notre enseignement. Bien sûr ma réflexion est tournée vers les
applications potentielles des TIC en enseignement de l’univers social,
mais les pistes proposées n’y sont pas exclusives. L’enseignante en mathématique pourra
certainement considérer cette réflexion avant d’entamer un tel changement dans sa pratique enseignante.
- Procéder progressivement : il est essentiel d’éviter de surestimer son niveau de maitrise de la compétence 8(TIC). Chaque enseignant a un niveau de maitrise différent et cette limite doit être respecté de manière à assurer le succès de l’activité d’une part, mais aussi, de manière à permettre à l’enseignant de garder confiance en sa démarche d’intégration(Dumouchel et Karsenti, 2013). Voilà un tableau qui permet d’évaluer son niveau de compétence et qui, in extenso, propose une marche à suivre pour réussir l’implantation des TIC en enseignement(Roy et Lefebvre, 2014).
- L’apprentissage coopératif est une formule pédagogique qui apparait parfaitement adaptée au développement de la compétence transversale numéro 6(TIC chez les élèves).
- La raison est fort simple, considérant l’écart qui subsiste entre les niveaux de compétences dans l’usage des technologies d’information et de communication chez les jeunes(Collin et Karsenti, 2013), l’apprentissage coopératif permet aux élèves de partager leurs forces et de là pallier à leurs lacunes(Chamberland, Lavoie et Marquis, 1995). Une nécessité dans le contexte d’implantation des TIC classe.
- L’usage des TIC permet de développer plusieurs des intelligences multiples. On a qu’à penser à l’intelligence musicale dans le cas d’une activité de découverte des musiques d’époques ou le développement de l’intelligence logicomathématique(Boudreau et Grenier, 2003) lors d’une activité de construction d’un wiki à l’aide duquel les élèves organiseraient et présenteraient les résultats de leur recherche documentaire.
- Bien se préparer : la préparation est certainement le critère essentiel à la bonne conduite d’une intégration des TIC. Une expérience personnelle me permet d’affirmer que l’improvisation n’est pas permise au même titre qu’une préparation approximative. Pour initier les jeunes à l’usage de la suite d’outils Google, je proposai une activité d’écriture à l’aide de Googledocs. Or, bien qu’un procédurier avait été soigneusement préparé, la toute simple activité de création du compte Google individuel en laboratoire informatique s’est avérée pénible, voire catastrophique pour mes élèves en parcours adapté. Le succès de l’entreprise aurait été facilité si j’avais formulé des exigences précises et demandé que soit créé ce compte personnalisé à la maison par exemple.
- Prévoir un plan B : considérant la situation précédemment présentée, il est essentiel de prévoir une activité de dépannage en cas de problème technique. Les facteurs de dérapages sont nombreux et plusieurs sortent du strict contrôle de l’enseignant. Un « bug » informatique, une panne électrique ou une panne du réseau Internet sont sinon fréquents, hautement possibles.
- Respecter le modèle TPACK — voir tableau A:
- Afin de bien implanter l’usage des TIC en classe, il est important de préparer des activités qui se situeront le plus possible au point de convergence des apprentissages technologique, pédagogique et académique(Chai, Koh, Ho et Tsai, 2012). Une activité qui saurait respecter ces trois aspects du savoir liés à l’implantation des TIC en enseignement assure le succès de l’usage des TIC. Bien qu’il soit avantageux de procéder par étape, l’enseignant doit tendre vers cet idéal. Ex. L’amorce d’une activité peut s’attarder aux connaissances académiques seulement, mais l’intégration de la technologie devra suivre, et ce dans le respect d’une démarche pédagogique rigoureuse.
- Les méthodes d’apprentissage constructiviste(classe inversée) et socioconstructiviste(wiki) apparaissent comme les plus intéressantes pour l’intégration des TIC en enseignement. La première puisque l’élève est appelé à développer ses compétences par la pratique, une pratique qui nécessite l’utilisation de ses connaissances antérieures. Et la méthode socioconstuctiviste, puisque comme mentionnée plus haut, l’usage des TIC permettent une grande collaboration entre les élèves. En cette ère du Web 2.0, il serait hasardeux de négliger le poids social et socialisant des TIC, une caractéristique que l’on peut aisément intégrer à l’enseignant qui souhaite implanter les TIC en classe.
- Pour terminer, on doit respecter les limites imposées par le milieu où l’on enseigne. Par exemple, une classe dans laquelle on trouve un ordinateur pour chacun des élèves offre une plus grande latitude dans le choix et la tenue concrète des activités de recherche(Bernet et Karsenti, 2013). Considérer les forces et les faiblesses du contexte avec lequel on compose permettra de préparer des activités respectueuses du but à atteindre et des moyens pour y arriver.
Si ce court message peut aider quiconque souhaite modifier
sa pratique enseignante, l’auteur n’en sera que plus heureux. Cependant, ses visées demeurent
modestes. L’humble auteur que
je suis souhaite simplement partager ses connaissances toutes modestes acquises
en classe et sur le terrain. Ces conseils me serviront certainement, il ne manque
plus qu’un contexte
favorable à leurs expérimentations.
Au plaisir.
F.
TABLEAU A
Bibliographie
Bernet, E. et Karsenti, T. (2013). Modes d'intégration et usages
des TIC au troisième cycle du primaire : une étude multicas. Education et Francophonie,
41(1), 45-69. doi: 10.7202/1015059ar
Boudreau, P. et Grenier, G. B. (2003). Description des huit types d’intelligence
selon Howard Gardner : Inspiré de divers documents, dont «Intelligences multiples» de Howard
Gardner et de la revue «Educational Leadership» septembre
1997. Repéré le 25 avril, 2014, à
http://www.csaffluents.qc.ca/im/PDF2005/ens_outils/Descr_8intell_ill270105.pdf
Chai, C. S., Koh, J. H. L., Ho, H.
N. J. et Tsai, C.-C. (2012). Examining Preservice Teachers' Perceived Knowledge
of TPACK and Cyberwellness through Structural Equation Modeling. Australasian
Journal of Educational Technology, 28(6), 1000-1019.
Chamberland, G., Lavoie, L. et Marquis, D. (1995). 20 formules pédagogiques.
Sainte-Foy: Presses de l'Université du Québec.
Collin, S. et Karsenti, T. (2013). Usages des technologies en éducation:
analyse des enjeux socioculturels. (French). Education et Francophonie, 41(1),
192-210.
Dumouchel, G. et Karsenti, T. (2013). Les compétences
informationnelles relatives au Web des futurs enseignants québécois et
leur préparation à les enseigner :
résultats d’une enquête. Education et Francophonie, 41(1), 7-29. doi: 10.7202/1015057ar
Roy, N. et Lefebvre, S. (2014). Processus d'implantation d'une
innovation (Hall et Hord, 2001) Cours 11 - TLE-6008 - Hiver 2014. UQTR.
Facteurs d'implantation des TIC
Ce court texte se veut une réflexion sur l’utilisation des TIC
en enseignement d’un point de vue
praticopratique. Le but est de proposer des pistes d’actions qui faciliteront l’implantation des
TIC dans notre enseignement. Bien sûr ma réflexion est tournée vers les
applications potentielles des TIC en enseignement de l’univers social,
mais les pistes proposées n’y sont pas exclusives. L’enseignante en mathématique pourra
certainement considérer cette réflexion avant d’entamer un tel changement dans sa pratique enseignante.
1.
Procéder progressivement
: il est essentiel d’éviter de surestimer son niveau de maitrise de la compétence 8(TIC).
Chaque enseignant a un niveau de maitrise différent et cette
limite doit être respecté de manière à assurer le succès de l’activité d’une part, mais
aussi, de manière à permettre à l’enseignant de
garder confiance en sa démarche d’intégration(Dumouchel et
Karsenti, 2013). Voilà un tableau qui
permet d’évaluer son niveau
de compétence et qui, in
extenso, propose une marche
à suivre pour réussir l’implantation des
TIC en enseignement(Roy et Lefebvre,
2014).
2. L’apprentissage coopératif est une
formule pédagogique qui
apparait parfaitement adaptée au développement de la compétence transversale
numéro 6(TIC chez les élèves).
A.
La raison est fort simple, considérant l’écart qui subsiste
entre les niveaux de compétences dans l’usage des technologies d’information et de
communication chez les jeunes(Collin et
Karsenti, 2013), l’apprentissage coopératif permet aux élèves de partager
leurs forces et de là pallier à leurs lacunes(Chamberland,
Lavoie et Marquis, 1995). Une nécessité dans le contexte d’implantation des
TIC classe.
3.
L’usage des TIC
permet de développer plusieurs
des intelligences multiples. On a qu’à penser à l’intelligence
musicale dans le cas d’une activité de découverte des
musiques d’époques ou le développement de l’intelligence logicomathématique(Boudreau et
Grenier, 2003) lors d’une activité de construction d’un wiki à l’aide duquel les élèves organiseraient
et présenteraient les résultats de leur
recherche documentaire.
4.
Bien se préparer : la préparation est
certainement le critère essentiel à la bonne conduite d’une intégration des TIC.
Une expérience personnelle me permet d’affirmer que l’improvisation n’est pas permise au
même titre qu’une préparation approximative. Pour initier les jeunes à l’usage de la suite d’outils Google, je
proposai une activité d’écriture à l’aide de Googledocs.
Or, bien qu’un procédurier avait été soigneusement préparé, la toute simple
activité de création du compte Google
individuel en laboratoire informatique s’est avérée pénible, voire
catastrophique pour mes élèves en parcours adapté. Le succès de l’entreprise aurait été facilité si j’avais formulé des exigences précises et demandé que soit créé ce compte
personnalisé à la maison par
exemple.
5.
Prévoir un plan B : considérant la situation
précédemment présentée, il est essentiel
de prévoir une activité de dépannage en cas de
problème technique. Les
facteurs de dérapages sont
nombreux et plusieurs sortent du strict contrôle de l’enseignant. Un « bug » informatique, une
panne électrique ou une
panne du réseau Internet sont
sinon fréquents, hautement
possibles.
6.
Respecter le modèle TPACK — voir tableau A:
1.
Afin de bien implanter l’usage des TIC en
classe, il est important de préparer des activités qui se situeront
le plus possible au point de convergence des apprentissages technologique, pédagogique et académique(Chai, Koh, Ho et
Tsai, 2012). Une activité qui saurait
respecter ces trois aspects du savoir liés à l’implantation des
TIC en enseignement assure le succès de l’usage des TIC. Bien qu’il soit avantageux
de procéder par étape, l’enseignant doit
tendre vers cet idéal. Ex. L’amorce d’une activité peut s’attarder aux
connaissances académiques seulement, mais l’intégration de la
technologie devra suivre, et ce dans le respect d’une démarche pédagogique
rigoureuse. Les élèves pourront ainsi gagner sur tous les plans.
7. Les méthodes d’apprentissage
constructiviste(classe inversée) et socioconstructiviste (wiki) apparaissent comme les
plus intéressantes pour l’intégration des TIC en
enseignement. La première puisque l’élève est appelé à développer ses compétences par la
pratique, une pratique qui nécessite l’utilisation de ses connaissances antérieures. Et la méthode socioconstuctiviste, puisque
comme mentionnée
plus
haut, l’usage des TIC
permet une grande collaboration entre les élèves. En cette ère du Web 2.0, il
serait hasardeux de négliger le poids social et socialisant des TIC. Les élèves s'y trouvent en terrain connu, une force pour l'intégration des TIC en enseignement.
8.
Pour terminer, on doit respecter les
limites imposées par le milieu où l’on enseigne. Par
exemple, une classe dans laquelle on trouve un ordinateur pour chacun des élèves offre une plus
grande latitude dans le choix et la tenue concrète des activités de recherche(Bernet et
Karsenti, 2013). Considérer les forces et
les faiblesses du contexte avec lequel on compose permettra de préparer des activités respectueuses du
but à atteindre et des
moyens pour y arriver. Les élèves pourront certainement y gagner beaucoup.
Si ce court message peut aider quiconque souhaite modifier
sa pratique enseignante, l’auteur n’en sera que plus heureux. Cependant, ses visées demeurent
modestes. L’humble auteur que
je suis souhaite simplement partager ses connaissances acquises
en classe et sur le terrain. Il s'agit d'échanger entre intervenants pour faciliter l'usage des TIC par les élèves.
Ces conseils me serviront certainement, il ne manque
plus qu’un contexte
favorable à leurs expérimentations.
Au plaisir.
F.
TABLEAU A

Bibliographie
Bernet, E. et Karsenti, T. (2013). Modes d'intégration et usages
des TIC au troisième cycle du primaire : une étude multicas. Education et Francophonie,
41(1), 45-69. doi: 10.7202/1015059ar
Boudreau, P. et Grenier, G. B. (2003). Description des huit types d’intelligence
selon Howard Gardner : Inspiré de divers documents, dont «Intelligences multiples» de Howard
Gardner et de la revue «Educational Leadership» septembre
1997. Repéré le 25 avril, 2014, à
http://www.csaffluents.qc.ca/im/PDF2005/ens_outils/Descr_8intell_ill270105.pdf
Chai, C. S., Koh, J. H. L., Ho, H.
N. J. et Tsai, C.-C. (2012). Examining Preservice Teachers' Perceived Knowledge
of TPACK and Cyberwellness through Structural Equation Modeling. Australasian
Journal of Educational Technology, 28(6), 1000-1019.
Chamberland, G., Lavoie, L. et Marquis, D. (1995). 20 formules pédagogiques.
Sainte-Foy: Presses de l'Université du Québec.
Collin, S. et Karsenti, T. (2013). Usages des technologies en éducation:
analyse des enjeux socioculturels. (French). Education et Francophonie, 41(1),
192-210.
Dumouchel, G. et Karsenti, T. (2013). Les compétences
informationnelles relatives au Web des futurs enseignants québécois et
leur préparation à les enseigner :
résultats d’une enquête. Education et Francophonie, 41(1), 7-29. doi: 10.7202/1015057ar
Roy, N. et Lefebvre, S. (2014). Processus d'implantation d'une
innovation (Hall et Hord, 2001) Cours 11 - TLE-6008 - Hiver 2014. UQTR.
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